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  • Fred Joyeux

Comment les abeilles passent-elles l'hiver ?

Mis à jour : janv. 8

Depuis plus d’un mois les abeilles sont en hivernage -comme les ours qui raffolent tant de leur miel, parait-il- elles hibernent ! Rien de plus mort en apparence qu’un rucher en cette période de l’année. Esseulées, de rares abeilles virevoltent devant les ruches pour ce qu’on appelle leur « vol de propreté », bref elles sont sorties faire leurs besoins… Les abeilles sont très propres ! Il faut dire qu’à encore plus ou moins 20.000 dans la ruche en basse saison, leurs déjections pourraient rapidement devenir un problème.

Eté comme hiver, la chaleur dont a besoin la reine pour vivre au cœur d’un essaim est de 35 degrés. Pour maintenir cette température constante, les abeilles se regroupent en boule autour de la reine (formant ainsi l’essaim à proprement parler, quand elles ne sont pas ainsi regroupées en boule on a plutôt tendance à parler de colonie) et avec le battement de leurs ailes régulent la température, la diminuant en été, l’augmentant en hiver.

C’est un travail énorme et permanent qui demande une énergie folle pour ne pas mourir d’épuisement… fort heureusement, si l’année a été bonne, les abeilles disposent d’un stock de miel suffisant pour se nourrir durant ce long marathon immobile et hivernal.

Un essaim dans une ruche standard, telle que l’on en trouve majoritairement en France (les fameuses Dadant 10 cadres), a besoin de 12 à 15 kg de miel pour passer l’hiver sur ses propres réserves sans apport de candi par l’apiculteur.

Pour savoir si vos ruches ont assez de réserves pour passer l’hiver, il faut tout d’abord peser une ruche vide avec des cadres cirés, c’est-à-dire déjà battis par les abeilles. Dans mon cas la ruche pesait 32 kg auquel il faut rajouter le poids de l’essaim en hivernage, plus ou moins 2 kilos, ce qui me donnait un poids total de 34 kg que j’ai pu utiliser comme tare.

Puis, au rucher il vous faudra peser chaque ruche avec un peson en la soulevant par l’arrière de quelques centimètres (pas plus et tout doucement pour ne pas risquer de brusquer l’essaim). Vous devrez alors multiplier par deux le poids affiché pour obtenir le poids total de votre ruche complète avec abeilles, miel et réserves. Le poids obtenu sera votre poids de référence (et non le poids exact de la ruche car des variations peuvent intervenir suivant comment l’essaim et les réserves sont répartis à l’intérieur de la ruche). Mais ces caractéristiques n’évoluant pas durant l’hiver, le poids obtenu vous permettra d’observer de l’extérieur la consommation et les éventuels besoins de vos abeilles.

Donc en prenant le poids de référence obtenu et en lui soustrayant le poids de la tare (la ruche vide) vous obtenez un ordre de grandeur assez précis des réserves dont disposent vos abeilles pour passer l’hiver.

Dans mon cas, selon les ruches, les réserves ainsi évaluées étaient de l’ordre de 20 à 25 kg donc bien au-delà des besoins prévisibles ! Comment expliqué cet état de fait un peu surprenant qui peut étonner des apiculteurs confrontés à des réserves bien moindres. Très simplement. Je pratique la transhumance et, après le tournesol, j’ai conduit mes ruches sur le sarrasin. Ayant récolté le sarrasin le 25 septembre mais j’ai volontairement laissé mes ruches sur place un mois de plus avant de les mener au rucher d’hivernage. Ainsi elles ont pu « finir le sarrasin » à leur profit bien après la récolte et, à tout le moins, n’ont pas commencé à entamer leurs réserves d’hiver.

De nouvelles pesées seront nécessaire fin décembre, fin janvier et fin février. Et l'important sera le comparatif entre ces différentes pesées pour savoir si un nourrissement artificiel se révèle finalement nécessaire malgré, dans mon cas, de bonnes dispositions initiales.

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