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  • Fred Joyeux

Nourrissement ? Quezako ?

Tout d’abord, précisons que le mot « nourrissement » n’est pas un horrible néologisme inventé pour l’occasion mais un terme de technique apicole désignant l’apport de nourriture pour les abeilles. Les autres filières agricoles n’utilisent pas ce terme mais préfèrent, elles, le plus souvent parler de nourrissage.

Cette précision apportée, je voudrais, pour faire suite à mon précédent post, aborder ici ce sujet délicat : le nourrissement (donc !) des abeilles en hiver. Je dis bien en hiver, et non à l’automne, où, dans certaines régions françaises pauvres en floraisons à cette saison, un complément alimentaire est parfois nécessaire, voir vital, sous forme de sirop.

On pourrait penser que pour protéger les abeilles du risque de famine pendant la saison froide il suffirait de leur mettre systématiquement, en plus de leur réserve de miel, quelques kilos de candi protéiné et le tour serait joué d’autant plus facilement que ces compléments alimentaires ne sont pas chers. Elles pourraient ainsi passer l’hiver en sécurité et l’apiculteur serait lui aussi moins stressé.

Seulement voilà, ça ne marche pas comme ça. Et, typiquement, ce serait une fausse bonne idée.

Pourquoi ? Parce que les abeilles ne mangent pas le candi tel quel. Pour ce faire, dans un premier temps, elles devraient d'abord le transformer en miel pour le stocker. Ce qui leur demanderait, en hiver, un travail considérable qui, de plus, les éloigneraient de la grappe, et les épuiserait avant de les nourrir. Et donc, avant d’être un bien ce serait un mal, car en hiver la capacité énergétique des abeilles est comptée et doit être utilisée à bonne escient.

C’est pourquoi il faut d’abord les laisser aller au bout de leur réserves de miel constituées à cet effet durant le printemps, l’été et parfois l’automne quand la région et la météo le permettent. Puis, le cas échéant, et le plus tard possible, mais au bon moment (tout l'art de l'apiculteur est là) si le miel venait à manquer, leur apporter de quoi en fabriquer du nouveau avec du candi pour les aider à faire la jonction jusqu’aux premières floraisons.

Voilà pourquoi l’apiculteur ne peut pas échapper à son devoir de surveillance de ses ruches durant la seconde partie de la saison hivernal.

Sur le nourrissement des abeilles, il y aurait beaucoup à dire notamment sur les pratiques de stimulation de l’apiculture intensive au printemps. C’est un vrai débat qui traverse la profession. Le moment venu, au printemps donc, je tenterais d’aborder cette question sensible… et politique… qui, souvent, en dit long sur nos différentes conceptions de l’apiculture et notre rapport à la nature.

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